Après des années d’études, le projet d’installation de quatre éoliennes dans le village du Tranger (Indre) ne verra probablement jamais le jour. Une enquête publique réalisée fin 2023 avait déjà donné un avis défavorable.
Le conseil municipal de la petite commune de l’Indre avait voté en novembre 2023 à l’unanimité contre ce projet porté par la société Eolise, la maire Alexandra Beauvais-Matthey avait avancé que ces éoliennes pourraient provoquer de « réelles nuisances dans le domaine du tourisme et de la biodiversité ».
Plus de 500 personnes avaient contribué à l’enquête publique réalisée en novembre 2023. Seulement quinze d’entre elles étaient favorables à l’installation de ces éoliennes de 200 mètres de haut, toujours selon l’élue. Stéphane Bern lui-même avait alors enregistré une vidéo pour montrer son soutien aux opposants au projet.(Conclusion et Avis)
Finalement, Thibault Lanxade, le préfet de l’Indre, a rendu sa décision le 13 mars 2024 et refuse d’autoriser la construction des éoliennes au Tranger. Son argument est que cela pourrait nuire au paysage local, alors que le château de Châtillon-sur-Indre est proche.
Dans l’arrêté de refus, accessible sur le site de la préfecture , plusieurs arguments sont avancés. Si le projet est rejeté, c’est notamment au titre de la préservation des paysages et des monuments. Ainsi, l’arrêté rappelle qu’il existe dans le secteur plusieurs sites classés aux monuments historiques, comme le château de Châtillon-sur-Indre, et le donjon de la Tour César. Or, les éoliennes  comme il a été envisagé auraient été visibles depuis le toit-terrasse du donjon.

Le préfet de l’Indre rappelle également la présence de plusieurs espèces « patrimoniales » dans le secteur, comme le busard Saint Martin, et le Milan noir.
Le représentant de l’État dans le département précise par ailleurs qu’il y a déjà un effort considérable fait sur l’éolien dans l’Indre. Le département est d’ailleurs le deuxième département producteur d’énergies renouvelables dans la région Centre-Val-de-Loire. Dès sa prise de poste, le préfet Thibault Lanxade s’était montré très réservé sur les projets qui ne font pas l’unanimité.
La société Eolise peut toujours faire appel de cette décision.(à télécharger)

Dès l’annonce du rejet préfectoral, la société Eolise a publiquement indiqué qu’un recours contentieux était formellement envisagé pour contester la légalité de la décision du préfet. En matière de projets éoliens terrestres, ce type de litige est porté directement devant la Cour administrative d’appel compétente (et non le tribunal administratif classique), afin de raccourcir les délais de jugement.
Ces procédures judiciaires sont toutefois particulièrement longues et prennent généralement plusieurs années avant d’aboutir à un arrêt définitif, une décision est attendue courant 2027 nous confirmant un arrêt définitif.