Déchets militaires : projet ajourné à Neuvy-Pailloux

Neuvy-Pailloux. Le colonel commandant la 12 e Bsmat a annoncé, hier l’ajournement du projet de centre de stockage de déchets radionucléides.

L’information est tombée hier, en fin d’après-midi, sous la forme d’un communiqué émanant de la préfecture de l’Indre : « L’instruction du dossier de demande d’autorisation d’exploiter l’installation “ Centre national de tri et d’entreposage de déchet matériel contenant des radionucléides ”, soumis à l’enquête d’utilité publique, est interrompue, suite à la demande du colonel Frédéric Bernard, commandant la 12e Base de soutien du matériel. »

“ Une première victoire ”

C’est en effet dans une lettre envoyée le 30 janvier à la préfecture de l’Indre que le chef de corps de la 12e Base de soutien du matériel de l’armée de Terre (Bsmat) de Neuvy-Pailloux explique ce qui l’a conduit à ajourner ce projet : « Intervenue dans une période peu favorable, cette enquête n’a pas permis d’apporter aux parties prenantes les éléments d’information qu’elles attendaient […] », écrit le colonel Bernard qui poursuit : « Soucieux d’améliorer la transparence de la démarche entreprise par le ministère de la Défense, je souhaite mettre à profit le premier semestre 2012 pour retravailler le dossier. Il conviendra notamment de lui donner plus de cohérence, d’y intégrer tous les éléments et études complémentaires, afin d’apporter les réponses aux questions posées aussi bien par les élus que par la population, et répondre ainsi aux inquiétudes manifestées […] ». La décision de la sagesse ? C’est en tout cas une forme de victoire pour les opposants au projet : « Pour l’instant, ce n’est qu’un ajournement, cela ne veut pas dire que le dossier est retiré, relativise Gérald Prévot, membre du Collectif contre les alternatives au nucléaire (CCAN). Mais c’est quand même une première victoire. En interrompant le processus, les militaires apportent la preuve que notre action avait tout son sens. Il était de toute manière nécessaire de mettre l’ensemble des citoyens au courant du projet. Nous restons très vigilants. » Réunis hier soir, à Châteauroux, les membres du CCAN et ceux de l’Association citoyenne contre le stockage de déchets radioactifs (ACSDR) faisaient état de leur satisfaction, dans une déclaration commune : « Les différentes actions du collectif ont mis le doigt sur les imperfections du dossier. La mobilisation des populations locales a été entendue. Nous sommes contents d’avoir mené ce combat… ».

NR du 1/02/2012

A lire aussi la réaction d’Indre Nature sur ce lien :

Et le voeu de EELV opposé au projet, cosigné par les groupes PS-PRg et PC-FG : le lien